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MARS CHRISTIANISSIMUS. 3

Sa Majesté de la conduite des Estats Généraux des

Provinces Unies. Les médisans publioient qu'on n'a-

voit rien à dire contre des gens qui offroient toute

sorte de satisfaction et demandoient seulement de

sçavoir ce que le Roy désiroit d'eux; d'autres soub-

çonnoient que l'advocat auteur des droits de la Reyne

ayant esté mal mené par l'Isola et par de semblables

auteurs, on trouvoit alors plus à propos de s'épar-

gner une pareille confusion. Mais ils se trompent

tous. On ne manquoit pas de bonnes raisons en

France, et je sçay qu'un habile homme avoit dressé

un manifeste il faisoit toucher au doigt la con-

duite des Hollandois; mais Messieurs les Ministres

auxquels il le présenta trouvèrent à propos de le sup-

primer, croyant que d'autres raisons que celles que

le Cardinal de Richelieu appelloit les dernières rai-

sons des Roys, n'estoient pas de la bienséance de

leur maistre. Depuis, les Ilollandois et leurs alliés

pressèrent fort les ambassadeurs plénipotentiaires

du Roy, envoyés à Cologne pour traitter la paix, de

leur communiquer les prétentions du Roy et les rai-

sons de droit sur lesquelles il les pouvüit fonder;

mais les ambassadeurs rejettèrent cette demande

bien loin, comme indigne de la grandeur de leur

maistre, disant hautement qu'ils n'estoient pas venus

comme advocats pour plaider, mais comme Ministres

d'un grand Monarque pour traitter la paix, et pour

déclarer sa volonté à l'égard de ce qu'il pourroit ou

ne pourroit' pas relâcher. La même méthode réussit à

Nimwègue; on s'y mocqua du bon évesque de Gorck,

et on le traitta de très-simple discoureur, lorsqu'il

iusistoit sur des raisons, et même le maréchal d'Es-
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