DES PRINCES: 67 quelles asseurances de la marche, de la subsistance des trouppcs et de la retraite ? Ne sçait-on pas que l'Empereur assembla en peu de semaines une armée formidable avec le secours de quelques alliés ? Croit- on que Brandebourg et la maison de Bronsvic au- roient regardv sans rien faire, et que le reste de l'Eu- rope auroit esté insensible à une entreprise qui estoit en même temps la plus détestable en elle-même et la plus dangereuse à l'égard de tous les Estats de la chrestienté, puisqu'elle auroit achevé en cas de succès de les mettre tous aux fers? Le Pape n'auroit-il rien dit avec tous les ecclésiastiques, parmy lesquels il y en a dont le zèle et le crédit ne doit pas estre mé- prisé par les plus grands princes du monde ? Il y a encor des Jacques Clément et des Ravaillac dans le monde enfin ç'auroit esté mettre le tout pour le tout sans nécessité, ce qui me fait croire que le Roy n'a jamais songé à un tel projet. Il dit (p. 215) que la France doit animer les princes contre l'Empereur, entr'autres en leur fai- sant voir que, par la défense de faire des ligues, il a donné atteinte à leur souveraineté. Cependant cette défense des ligues est imaginaire, et aussi peu véri- table que ce qu'il dit au même endroit, que la répu- blique de Hollande avoit usurpé le duché de Clèves sur l'électeur de Brandebourg. On voit bien aussi qu'il n'estoit pas bien informé des prétentions que le duc de Nieubourg avoit en Pologne. Il veut que c'est parce qu'il estoit de la maison de Sigismond, roy de Suède et de Pologne. Mais cela n'estpoint, et toute l'alliance du due de Nieubourg avec la maison royale de Pologne ne consiste qu'en ce qu'il avoit épousé la