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66 'NOUVEAUX INTÉRESTS.

y a tousjours eu en France dix catholiques contre un

protestant et dernièrement, avant la révocation des

Édits, il y en avoit sans doute plus de trente contre

un.

Il n'est pas vraisemblable (p. 200) que la France

a donné argent à l'évesque de Munster pour attaquer

les Hollandois la première fois. C'est le Roy d'An-

gleterre qui luy envoya effectivement une somme

considérable, et qui n'estoit pas alors trop bien avec

la France. Il est vray que la France estoit déjà as-

sez mal satisfaite des Hollandois, et ne songeoit qu'à

gagner l'Angleterre et l'évêque de Munster quand la

paix seroit faite, à peu près comme elle fit à l'égard

du Dannemarc et de Brandebourg, lorsqu'elle soute-

noit encore la Suède par manière d'acquit.

Il n'est pas croyable aussi que, depuis peu, quand

Vienne estoit assiégé (p. 204), il auroit esté aussi

aisé au Roy T. C. de marcher droit en Autriche, de

se faire déférer la couronne impériale de gré ou de

force et d'enfermer l'Empereur sous bonne et seure

garde, que d'aller de Saint-Germain à Versailles. Il

adjoute même que le Roy se repent peut-estre de ne

l'avoir fait. C'est aller bien viste. Le Roy devoit as-

sembler toutes ses forces pour une grande entreprise

et mettre ordre à bien des choses qui demandoient

du temps. L'Espagne, les Estats généraux et l'An*

gleterre même, n'auroient pu regarder cela d'œil

tranquille; c'estoit s'exposer à recevoir le plus grand

affront du monde et peut-estre à se ruiner entière-

ment, et à perdre, tout d'un coup toute sa gloire et

tous ses avantages. Ce n'est pas peu de chose que

d'aller avec une armée depuis le Rhin jusqu'à Vienne;
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