DES PRINCES. 65 nc. 5 de Suède. » Mais il peut y adjouster l'Électeur de Brandebourg, qui a eu la souveraineté de la Prusse et bien d'autres choses, et le Roy de Dannemarc, qui s'est rendu maistre de Holstein jusqu'icy. INTÉRESTS DU ROY DE FRANCE. Il dit (p. 185) que M. Colbert a fait une grande faute quand, sous prétexte de se passer de quantité de choses qui avoient coustume de venir des pays estrangers, il a privé le royaume du débit de ses vins et de ses autres denrées que deux ou trois provinces estoient dans le désespoir, ne voyant plus d'argent, et avoient le déplaisir de voir périr leurs vins et leurs eaux-de-vie, par une fausse politique d'un ministre qui, s'estant mis en tête de faire fleurir le royaume par ses manufactures, avoit justement trouvé le moyen de le faire périr. Mais l'événement a justifié M. Colbert: les liollandois n'ont pu se passer aisé- ment des vins, eaux-de-vie et autres denrées de France, et il y a peu de manufactures de consé- quence que la France ne prenne aujourd'huy des étrangers, ce qui augmente beaucoup les richesses de ce royaume. Il n'y a, dit-il (p. 190), que des Estats protestans qui se puissent opposer au dessein qu'a le Roy de France de devenir Empereur d'Occident. Il conte donc pour rien l'Empereur, l'Espagne le Pape et tous les princes d'Italie, Venise, Ferrare et autres. Il dit aussi (p. 195) que les réformés font un tiers du royaume. Je croy qu'il n'y ont jamais approché en aucune façon, et l'auteur dit luy-miome, § 306, qu'il