64 NOUVEAUX INTÉRESTS ses intérests particuliers. Ce n'estoit pas l'opinion des Allemands alors, et la voix publique approuvoit les desseins de Sa Majesté Impériale. Il y a bien de la malignité aussi dans les accusa- tions qu'il forme contre l'Empereur (p. 175) d'avoir accablé les princes de l'Empire par les quartiers d'hyver pour les affoiblir par là et pour les obliger de se jetter entièrement entre ses bras. Voilà de beaux raisonnemens Tout le monde sçait qu'il fal- loit nécessairement prendre quartier en deçà du Rhin, puisqu'on ne pouvoit se maintenir au delà. Et tous les puissans princes ne manquoient pas de les pren- dre dans les païs des moindres. Au reste, il est cons- tant que, si l'Empereur avoit pu en décharger tout l'Empire, il l'auroit fait; car, par ce moyen, il aux-oit pu continuer la guerre contre la France, qu'il a esté obligé de finir malgré luy et avec désavantage, parce qu'il n'y avoit presque plus moyen de trouver des quartiers pour faire subsister les trouppes, tout es- tant épuisé. Il dit (p. 178) que l'espérance d'amasser de l'ar- gent est ordinairement le motif qui pousse les prin- ces d'Allemagne à la guerre. C'est mal les connoistre on sçait que les trouppes coustent tousjours plus que les subsides ne fournissent. Mais comme ils sont obligés d'estre armés pour leur conservation, ils sont bien aises de trouver quelqu'un qui les soulage dans cette dépense. Cependant ce temps n'est presque plus. Il dit (p. 180) a Qu'on nous monstre un petit prince qui ait fait ses affaires par la guerre (qui la fait conjointement avec un grand), si ce n'est le Roy