DES PRINCES. 63 cette alliance auroit esté autrement suspecte en Pologne. INTÉREST DES PRINCES DE L'EMPIRE. Je ne sçay qui luy a fait accroire que le droit de séquestre qu'il dit (p. 177) que l'Empereur exerce dans l'Empire, empêche les princes de se promettre l'exécution des traités qu'ils feroient avec luy. Il n'y a point de connexion entre ces choses ce sont de ces chimères que les estrangers peu informés se forgent sur les affaires de l'Allemagne, et dont par- ticulièrement les livres des François sont pleins. 11 dit (p. 173) que l'Empereur, quelque piété qu'il affecte, ne laisse pas de retenir Philipsbourg contre la parole donnée de le rendre ou de le démolir; voilà des plaintes bien mal fondées. Je suis asseuré que l'évesque de Spire ne souhaite pas cette restitution, et il auroit esté à souhaiter que l'Empereur eût eu encore plus de forteresses et de forces dans ce voisi- nage Strasbourg n'amoit pas esté perdu. De blâmer aussi l'Empereur (p. 173) d'avoir plus tost tâché de reprendre Brissac que Trèves, c'est montrer qu'on a grande envie de critiquer. Pour Brissac, il falloit tâcher de profiter d'une conjuncture qui ne viendroit pas si test, car Trèves ne pouvoit manquer à celuy qui seroit maistre de la campagne. L'Electeur de Trèves a esté luy-même trop équita- ble pour blâmer cette conduite de -l'Empereur. Et ce ne sont que des pensées d'un politique en cette ren- contre qu'il a fait connoîstre par là qu'il n'avoit pas à cœur la défense des princes de l'Empire, mais