62 NOUVEAUX INTÉRESTS Il dit (p. 125) que, la paix avec le Turc faite, l'Em- pereur ne doit pas différer d'un seul moment la guerre avec la France. Cy-dessus il disoit tout le contraire, et prêclioit avec soin qu'il faut entretenir la trêve, dans l'espérance que les affaires pourroient changer en France par la mort du Roy. Les raisons qu'il apporte icy pour la guerre partent du peu de connoissance qu'il a des affaires d'Allemagne, quoy qu'il dise de l'avoir traversée. Il est constant que l'Empire aura besoin de quelque repos après ce grand travail, et les trouppes de la plus part des princes sont peu diminuées. Il a raison de se moquer de ceux qui fondent leurs espérances sur les troubles qu'ils s'imaginent pou- voir naistre en France. Il juge fort mal (p. 131) des forces de Bude, qui consistoient principalement dans la grandeur de la garnison et dans l'obstination désespérée des gens que leur religion anime, outre que les rochers la ren- doient d'assez difficile accès. Le dernier juge a justifié le précédent, et quelques-uns qui jugeoient témé- rairement, y ayant esté depuis eux-mêmes, se sont rétractés. Il veut (p. 148, 163) que l'Empereur doit recher- cher la paix à la Porte; mais les choses ont bien changé de face: il n'en a pas besoin, les Turcs l'en prient. Il blâme l'Empereur (p. 157) de n'avoir pas donné sa fille au fils ainé du roy de Pologne. Mais je tiens qu'il lui importoit davantage de détourner la Bavière d'une alliance françoise, et je ne sçay pas même si le roy de Pologne en a fait la recherche, car