Home Plain text
Text mode Audio mode
page 57 (screen 62 of 439)
Next page Previous page  
  Last page First page


DES PRINCES. 57

est-on obligé de faire gagner ces alliés accessoires au

péril de tout perdre? Ceux qui font de ces plaintes

sont intéressés ou parlent sans connoissance de cause.

Et il est ridicule à un politique tel que nostre auteur

de dire (p. 42) que l'Empire et l'Espagne devoient

périr plus tost que de souffrir que la France eût les

avantages qu'elle a eus dans la paix de Nimwegue

c'est-à-dire il falloit plus tost tout perdre que de

rendre quelque chose. Quel raisonnement!

En France, dit-il (p. 46), on n'est pas plus foullé

qu'ailleurs, et c'est une raillerie de dire que le Roy

de France tirannise ses peuples. Il adjoute même que

si la liberté de conscience y estoit conservée, il n'y

auroit pas un meilleur pays. Ce sont des choses dont

je laisse le jugement à d'autres. Cependant nostre au-

teur semble y contredire luy-même dans un autre

endroit (p. 195), il dit que les peuples sont acca-

blés en Fmnce par les impôts des partisans qui ruinent

tout ce qu'il y a de familles, et qu'il ne falloit pas

grossir le nombre de tous les mécontens en réduisant

ceux de religion au désespoir.

Je croy sans peine que la personne du grand Roy

qui règne par luy-même contribue beaucoup à la

hauteur de la France mais les choses estant establies

comme elles sont, je ne croy pas qu'il faille fonder

des espérances sur sa mort, comme fait cet au-

teur (p. 44).

Je ne sçaurois croire que la France soit assez ri-

dicule pour faire, ny le Danemarck pour recevoir des

propositions telles qu'est celle de prendro la Suède,

dont parle nostre auteur (p. 50), et dont il veut dé-

sabuser les Danois.
Text mode Audio mode
page 57 (screen 62 of 439)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text