66 NOUVEAUX INTÉRESTS tières qui appartiennent aux gens d'Eglise, quoy que durant tout le cours de la guerre il eût tâché d'insi- nuer qu'il ne l'avoit entreprise que pour la défense de la religion catholique. C'est parler avec bien peu de connoissance pour un homme qui règle lesintérests des souverains. Les Suédois ne vouloient pas les terres de l'Empereur, qui n'estoient nullement à leur bien- séance. Des biens ecclésiastiques, l'Empereur n'a cédé à la Suède que le pays de Ilrême et Berne, qui estoit déjà sécularisé il y a longtemps, et seroit aux Danois sans cela. L'un vaut bien l'autre, ce me semblc. Les petits princes, s'ils se joignent au plus fort, avancent leurs fers (p. 41); s'ils s'allient avec le plus foible, ils courent risque d'estre abandonnés. A pro- pos de cela, il cite le Roy de Danemarck, le marquis de Brandebourg et quelques autres princes que l'Em- pereur, à ce que l'on dit icy, p. 41, et ailleurs, p. 358, a abandonnés lâchement. Cette expression est punissable et indigne d'un homme qui fait profession de modération. Il faut tousjours garder le respect dû aux grands princes. Mais n'entrons pas là dedans, et contentons-nous de dire que cette accusation est in- juste. Après la paix faite par les Hollandois, que l'au- teur excuse par la nécessité et par l'impuissance de plus fournir des subsides (dont peut-estre on les au- roit dispensés), il estoit impossible à l'Empereur de continuer la guerre sans s'exposer de perdre le Illiin tout entier. Mais ce qu'il y a le plus à considérer, c'est qu'on ne peut pas dire avec justice que l'Empe- reur ait abandonné ses alliés, puisqu'il ne s'agissoit pas de leur perte, mais seulement de leur gain. Or, les principaux estant contraints à souffrir des pertes,