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DES PRINCES. 55

Jupiter au-dessus d'eux, et que ce Jupiter est le Roy

de France. Mais cela est vray seulement à l'égard

de quelques souverains, tel qu'est le duc de Savoye.

11 dit fort bien aussi (p. 23) que les Italiens devoient

plus tost tout hazarder que de souffrir que la France

gardât Pignerol. Et cependant les Italiens croyoient

alors avec quelqu'apparence de raison que c'estoit

maintenir leur liberté que de donner les clefs de l'I-

talie à la France. Aujourd'huy, leur faute estoit bien

plus visible, quand d'un ceil tranquille ils ont vu la

cession de Casal.1l dit aussi (p. 31) qu'un petit prince

doit prendre le moins d'effort qu'il pourra aux démêlées

des grands, mais il fait bien d'adjouter cette limita-

tion qu'il peut et doit quelques fois s'allier avec la plus

foible de deux grandes puissances. Au reste, je voy

que nostre auteur n'est pas trop informé de l'histoire

d'Allemagne, en parlant (p. 40) de la perte du duc

de Saxe Lauenbourg, dont l'Electorat, dit-il, a esté

transporté chez la branche des cadets pour avoir dé-

plu à l'Empereur. Il confond deux histoires toutes

différentes la disgrâce des ducs de Lauenbou.rg, dont

toute la famille a perdu l'Electorat, et celle de la

branche Albertine des marquis de Nisme, soit les

ducs de Weymar, qui a esté obligée de le céder à la

branche Ernestine. Pour moy, je ne comprends pas

comment plusieurs des écrivains modernes françois

osent écrire de politique ou d'histoire sans se précau-

tionner contre des fautes de cette nature, qui sont si

mal. P. 34, il dit que les couronnes prostituent amis,

parens, frères et religion à leur intérest, mais l'exemple

qu'il apporte n'est pas fort à propoa sçavoir que

l'Empereur céda aux Suédois des principautés en-
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