54 NOUVEAUX INTÉRESTS finances. C'est sans doute la plus grande de leurs fautes; mais il n'est pas si aisé de redresser les fi- nances, la justice, et choses semblables qui tiennent du matériel, comme il l'est de corriger celles qui con- sistent dans l'esprit, telles que sont la justice et la po- litique. Quant à l'empereur, nostre auteur lui en veut sou- vent il dit (p. 19) qu'il n'y a rien à espérer d'un prince qui ne s'attache pas à ses véritables intéréts et n'écoute que des gens qui luy conseillent des choses dont il ne sçauroit se bien trouver. On voit bien que cet auteur ne connoist pas la cour de Vienne, parce qu'il prend l'Empereur pour un prince crédule peu informé, et qui se laisse mener par d'autres. 11 n'est rien moins que tout cela. Quand Léopold donneroit liberté de conscience tout entière aux Hongrois, je ne croy pas qu'il trou- veroit plus de secours du costé des princes protes- tans car ce que nostre auteur dit des offres d'assis- tance de Brandebourg en ce cas, 'sont des contes. La principauté de Jagerndorf et à son défaut le pays de Hubusse, cédé depuis peu, estoient bien davan- tage le sujet de la négotiation, et naturellement les choses ne pouvoient aller autrement; un prince de l'Empire auroit-il bonne grâce de donner la loy à l'Empereur chez lui en matière de religion? L'article second est quelles dcivent estre les maxi- mes de tous les princes, particulièrement de ceux qui sont dans une espèce de dépendance de dc2uc couronnes. Nostre auteur dit bien (p. 22) qu'on peut comparer les souverains aux dieux dont ils tiennent la place en terre, mais aux dieux de l'antiquité qui avoient un