UES PRINCES, 5f avoir pu s'opposer à cette vente de Dunquerque; mais cela est bien tost dit. Et quand il les renvoye aux mémoires secrets de Philippe II pour entretenir les troubles en France par la correspondance avec les protestans, il raisonne fort à son aise; mais s'il avoit esté comte, duc ou don Louys, il auroit esté aussi empêché qu'eux. Il ne falloit, dit-il, aux Espa- gnols que de l'argent pour empêcher cette vente; mais c'est tout à celuy qui n'en a guères, et ce man- quement a fait échouer des desseins bien plus impor- tans, outre qu'il y a de l'apparence qu'on n'a scéu en Espagne le trait de Dunkerque que lorsqu'il n'es- toit plus temps de l'empêcher. Cependant il a raison de dire que les Espagnols feroient bien de donner aux Anglois quelqu'une de leurs places maritimes de Flandres, s'ils pouvoient les engager par là; mais il n'est pas asseuré que ceux-cy s'en voudroient char- ger à cette condition. De là il passe à la guerre de l'année 1667, et blâme (p. 11) ceux qui obligèrent la France à la paix de ne l'avoir pas obligée aussi de rendre ce qu'elle avoit pris d'une manière qu'on tenoit injuste. Mais on ne va pas aisément aux extrémités. La Hollande ne se pouvoit assés fier à l'Angleterre, comme l'événement a fait connoistre, et la Suède estoit éloignée et foible sous un roy mineur. Il ne sUffit pas de raisonner des intérests des puissances, quand on ne considère pas en même temps leurs forces, Un politique peut dire ce qu'un prince devroit faire s'il pouvoit, mais il doit estre circonspect à le blâmer quand il y manque, car c'est le plus souvent à cause de quelques puissans obstacles. C'est de quoy nos raisonneurs se devroient