50 NOUVEAUX INTÉRESTS mais aussi ne sçauroit-il entrer en comparaison avec ceux-là. Le premier article est de l'estat présent de l'Eu- rope et des changemens qui y sont arrivés depuis quelques années. Il commence (p. E.) du temps que Louis XIV a pris luy-même les rênes de son empire; il nous veut faire accroire que le cardinal de Mazarin n'avoit pu faire uaae faute plus grande gue d'avoir abandonné Dunquerque aum Anglois. Mais tout le monde ne sera pas de son sentiment. Je croirois plustost que Cromwell a fait une faute de contribuer à la trop grande élévation de la France et au trop grand abaissement de l'Espagne car, depuis la ba- taille des Dunes, l'Espagne n'a jamais pu se relever aux Pays-Bas. Et il estoit visible que l'Angleterre, qui n'a pu maintenir Calais contre la France encore foible, ne maintiendroit pas Dunquerque contre la France élevée sur les ruines des Autrichiens. Et les vieilles chansons du danger que la France a couru du costé des Anglois ne sont plus de saison. Mais ce qui détermina Cromwell à choisir l'alliance de la France, ce furent les grandes voues qu'il avoit sur l'Amérique espagnole qui ne réussissoient pas par la faute de ses généraux ou plus tost par un coup de la Providence. Cependant j'avoue que le roy T. C. a fait très-sagement d'avoir acheté Dunquerque, et je croy même que c'estoit suivant les mémoires du cardinal car il est constant que celuy-cy en a laissé de fort exacts, et que le roy, au moins pendant la vie du marquis de Lionne; les a assés suivis. Comme on blâme ordinairement les malheureux, l'auteur blâme les_Espagnols (p. 8), qu'il suppose