Home Plain text
Text mode Audio mode
page 45 (screen 50 of 439)
Next page Previous page  
  Last page First page


MARS CHRISTIANISSIMUS. 4S

Cette pièce, qui m'est tombée entre les mains depuis peu, pa-
roist avoir esté faite avant la levée du. siège de Vienne, quand
on craignoit encor la perte de cette ville. Car alors les Fran-
çois s'imaginoient qu'il n'y (tieroit point de salut pour les Alle-
mands sans le secours du Roy très-chrestien. Mais ce grand
coup de la rie Dieu a confondu en mesme temps et l'or-
gueil des Ottomans et la vanité des François, Si l'auther de
ce discours a esté tout de bon dans ses sentimens, ou s'il ne les
a. soutenus que pour se inocquer des François, c'est ce que je ne
scaurois décider, car tantost il parle d'un ton railleur, tantost
fi paroist fort zélé quoy qu'il en soit, jamais Cassan, Aubry,
ny aucun autre advocat françois, ne nous a mieux le le
mystère de l'iniquité et le fond des prétentions secrètes de la
France. Car le Roy très-chrestien est un prince pieux et zélé,
mais ambitieux; ses flatteurs, pour faire leurs affaires, et
pour se courrir dit manteau de la piété, ont trouvé cette belle
qui leur donne moyen de garder les apparences de
conscience, de nourrir les passions de leur prince, par des pré-
textes el el de canoniser l'ambition en luy faisant croire
que sa est nécessaire la Chrestienté. On tient que
de Paris et le Père de la Chaise se maintiennent
par dans le grand crédit on les voit, le Roy n'estant pas
faché d'avoir des docteurs si commodes dans son conseil de
conscience, jamais janséniste mettra le pied, car ces
messieurs ne sont pas si complaisans. cette MORALE SE-
CRÈTE n'estant bonne que pour le confessionnal, ou pour le con-
spil de conscience, on n'aura garde de la publier, et on aura
tousjours soin de mettre en arant d'autres raisons, quelque
frivoles qu'elles puissent estre. Ainsi nous avons d'autant plus
d'obligation à notre auteur, qat l'a mise en lumière, maigré
ceux qui s'en serrent le plus en cachette.

Guhrauer, Leibniz, Biographie, aux notes, p. 7, ne paraît
avoir connu qu'un des exemplaires du Mars Christianissimus
eu français mais il a le premier signalé l'existence, dans la biblio-
thèque royatc de Hanovre, d'une traduction allemande du même
ouvrage, qui parut l'année suivante (1685) à Cologne, avec ces
deux vers pour épigraphe

Auf, Teutscher, auf, dein Heit ruht auf schlechiem Fuss

Auf, tics, bedenk und mach de. rechten Schiuss

Sus, Allemand, sus! allons, tes affaires vont mal;

Sus, Allemands, lis, médite, et prends le bon parti
Text mode Audio mode
page 45 (screen 50 of 439)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text