40 MARS CHRISTIANISSIMUS. que, lorsque le Turc sera. repoussé, la France se pourra repentir ou de sa piété telle quelle, ou de son impiété parfaite. » Voilà donc une partie de ce qui se dit publique- ment contre la France; car la vénération qu'on doit aux grands Princes m'a fait supprimer ces expres- sions les plus aigres et les plus outrées qui courent dans les livres et dans les conversations. A quoy ne sçauroient satisfaire ceux qui cherchent la défence de la France dans le droit commun. Mais nos principes les tireront de l'embarras, et leur don- neront moyen de tourner la confusion contre ces censureurs téméraires qui prennent à tâche de criti- quer les actions du meilleur et du plus grand des Rois, dont ils ignorent les intentions très-saintes. Car s'ils pouvoient regarder dans l'intérieur de son âme, ou s'ils l'entendoient raisonner avec son con- fesseur, je croy qu'ils tiendroient en bride leur lan- gue médisante. Ce grand Prince a tout préveu il con- noist les maux qu'il fait ou qu'il permet, il gémit luy-même quand il envisage la perte de tant de mil- liers d'âmes. Mais que voulés-vous comment peut-il résister à la vocation d'en haut qui l'y oblige? Il voit que toute autre manière de guérir les maux de la Chrestienté, que celle qu'il entrepend par le fer et par le feu, ne sera que palliative; la gangrène ne s'empêche que par des remèdes qui tiennent de la cruauté. Il faut couper les racines de nos misères. Ilabet aliquid ex iniquo omne magnum exemplum quod uLilitate publica compensatur. Et le sort de l'Eglise n'est point' la paix, mais le glaive, afin d'établir par là une vraye et jusques à l'éternité durable paix.