)IARS CHRISTIANISSIMUS. 39 que la France ne le fera pas impunément, et que la vengeance du Ciel suivra de près une action si noire; que la haine publique, le désabusement des gens de bien, qui jusqu'icy ont pû avoir quelque reste de bonne opinion de la conduite de la France, et une infamie qui passera jusqu'à la postérité, peuvent tenir lieu d'un assez grand supplice; qu'entre les François mêmes, les personnes dont la conscience n'est pas encore étouffée par une longue habitude de crimes, trembleront à la veüe de la grandeur de cette im- piété que la conscience d'une mauvaise cause n'est pas toujours sans effect, même parmy les soldats et le peuple, que le moindre revers de fortune peut abattre, ou animer à éclorre des desseins dangereux, qui se couvent dans les âmes de quantité de mécon- tens, qu'une longue suite des bons succès a pû cou- vrir plustost qu'éteindre. « On se flatte donc que la France se pourra repentir bientost de son déportement, et que les maux pour- ront tomber sur les testes de leurs auteurs. Car, di- sent-ils, la France devoit faire l'un de deux, sça- voir ou prendre aux cheveux la belle occasion d'exercer la générosité, en donnant à l'Empire et à l'Espagne une paix tolérable, ou bien, foulant aux pieds tout respect et toute pudeur, tomber sur l'Allemagne'avec toutes ses forces pour l'obliger de choisir entre Mahomet IV et Louis XIV. Maintenant que la France, ne voulant pas avoir égard à la piété, et n'osant pas faire profession publique d'une im- piété entière, perd cette conjoncture favorable, par un ménagement au milieu, que Macchiavel remarque avoir toûjours nui aux grands desseins, ils espèrent