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38 MARS CHRLSTIANISSIMUS.

aux prières du S. Père et aux larmes de toute l'É-

glise prosternée à ses pieds, il aurait retenir

tranquillement la plus grande partie de ce qu'il a

pris, jetter les fondemens d'une paix solide en Eu-

rope, dont il auroit esté et l'auteur et l'arbitre,

gagner les cœurs, et attirer les acclamations publi-

ques, enfin faire des expéditions contre les Barbares

infinement plus glorieuses, et peut-être plus impor-

tantes que tout ce qu'il pourroit faire en Europe.

Mais la France ayant tenu une conduite toute oppo-

sée à. ces bons conseils, elle force les autres à des

résolutions désespérées, et fait en sorte que ce sera

doresnavant une folie impardonnable de se fier à sa

parole et d'espérer une bonne paix, d'autant que ny

la renontiation jurée n'a pu garantir la paix des Piré-

nées, ny la parole que le Roy avoit donnée de ne rien

innover, après le départ de ses Ambassadeurs pour

Francfort, tout cela n'a empêcher la prise de

Strasbourg, et que la déclaration que ce Prince donna

l'année passée de lever le blocus de Luxembourg, en

considération des armes dont le Turc menaçoit la

Chrestienté, a esté trouvée illusoire, puisque à présent

le Turc est passé des menaces aux effects d'une

manière assez terrible, elle n'empêche point les

Officiers de la France de prendre ce temps même

de la consternation générale, pendant que l'Allema-

gne tremble et que le reste de l'Europe est dans

l'étonnement, pour faire les affaires de leur maître,

pour achever les pauvres Païs-Bas, et pour allumer

de gayeté de cœur une nouvelle guerre, action qu'on

ne sçauroit entreprendre d'excuser sans une impu-

dence ou simplicité extrême. Il y en a qui espèrent
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