MARS CHR1STIANISSIhIUS. 37 dont on n'ose pas mesme entreprendre la déduction juridique dont il arrivera sans doute ou que Vienne périsse ou que l'Empereur soit forcé à une paix hon- teuse, autant que pernicieuse au Christianisme, qui rendra ce Prince doresnavant méprisable à toute la terre, ou enfin que la haine soit rendue immortelle, en cas que les Turcs soyent heureusement repoussés, puisque l'Empereur doit juger qu'il ne se pourra sauver des piéges que la France luy dresse, que par une guerre immortelle et exitiale, laquelle ne doit cesser que par l'affoiblissement entier de l'un ou de l'autre parti, qui le mette dans l'impossibilité ou de faire des avanies ou de s'en ressentir, ce qu'on ne pourra obtenir qu'après avoir fait couler des ruis- seaux de sang. Mais s'il avait plû au Roy (disent-ils), dans un temps si périlleux pour la Chrestienté, de monsLrer la grandeur de son âme en sacrifiant au bien publicq quelques pouces de terre dans les Païs- Bas, et en se comportant envers les Allemands d'une manière qui ne force point une nation jusqu'icy crüe généreuse de faire un coup de désespoir pour sauver son honneur et son salut s'il avoit plu au Roy de donner les mains à la demande très-juste de l'Empe- reur, qui vouloit qu'on terminât en même temps les -démêlés que la France peut avoir avec l'Empire et avec les Païs-Bas, qui en font partie, sans vouloir sé- parer par une addresse suspecte, ou par une império- sité insupportable, des alliés si unis de sang, de droit et d'intérest, pour ruiner chacun à part; enfin s'il luy avoit plû d'agir en sorte, après la paix de Nimwègue, qu'on ait pû espérer raisonnablement quelque repos si, dis-je, le Roy T. C. avoit voulu accorder ces choses