36 MARS CHRISTIANISSIBIUS. ront Dieu tost ou tard à la vengeance; ce grand Dieu, dont les jugemens sont si terribles, que les mines des tartuffes et les paroles des sophistes ne tromperont point, qui ne distinguera point le Roy du païsan, que pour augmenter les peines à proportion de la grandeur des pécheurs et de l'état et suite de leurs crimes? » Dans ce beau champ les ennemis de la France poussent leur déclamation à, perte de veüe; mais ils se surpassent eux-mêmes, maintenant que le Turc va tomber sur la Chrestienté « Deux cent mille chrestiens passés par le glaive du cimjtere des Bar- bares, ou bien emmenés dans un esclavage pire que la mort, dans un estat mortel aux âmes cela (disent-ils) crie vengeance au ciel contre ceux qui ont animé et aidé les rebelles de Hongrie, avec argent, armes et conseils, quoy qu'ils prévoyoient bien les maux épou- vantables que cette conduite attirerait aux peuples chrestiens exposés a ce danger. Et afin, disent-ils, qu'on ne se figure point que les auteurs de ces beaux desseins s'en repentent, on les voit, maintenant que le périt est monté au plus haut degré, que Vienne a esté sur le point de se rendre, que l'Église se noyé dans les larmes et se fourre dans les cendres pour obtenir de Dieu quelque relâchement, on voit, dis-je, ces boute-feux pousser le Roy à partager par ses alliés les forces de l'Allemagne nécessaires pour re- pousser l'ennemi commun; et, qui plus est, à attaquer ouvertement la Maison d'Austriche au même temps qu'elle est accablée sous le poids de la puissance ottomane, au grand estonnement de toute la Chres- tienté, le tout sans apparence de raison, sur des prétextes frivoles de quelques petites dépendances,