MARS CHRISTIANISSIMUS. 33 III. 3 on veut forcer les Espagnols d'accepter précisément l'arbitre que la France nomme, et de l'autre costé on refuse à l'Empire d'entrer dans un arbitrage ou dans une médiation également concertée de part et d'autre. Ils soutiennent que la prise de Strasbourg est un trait de politique la plus violente et la plus ot- tomane que jamais prince chrestien ait sceu practi- quer, et que c'est le comble de l'impudence que de la vouloir excuser Que ce coup s'estoit fait en pleine paix sans au- cune ombre de prétexte, contre la foy tout fraîche- ment donnée, qui portoit que tout demeureroit dans son estat depuis le départ des ambassadeurs du Roy pour Francfort; que toutes les personnes judicieuses ont jugé qu'après cela il seroit inutile de faire fonds sur les règles de droit et sur les loix de l'honnesteté Que la conscience la bonne foy et le droit des gens sont des termes creux et des ombres vaines, depuis qu'on ne cherche plus même de prétexte à la violence. Car autrefois ceux même qui recher- choient avec soin les moindres pointilles du droit de la France n'avoient garde de songer à Strasbourg, de peur de passer pour des visionnaires ou pour des sophistes surpris en flagrant délit, puisque les pa- roles de la paix de Munster sont trop expresses, et donnent si peu de prise à la chicane qu'il semble que les ministres qui lés ont conceües ont, par un esprit prophétique préveu et prévenu tous les échappatoires dont un sophiste impudent se pou- voit aviser mais, s'ils ont esté assez habiles pour fermer la bouche à ceux qui auroient encor quelque reste de honte, ils ne l'ont pas esté assez pour lier