32 MARS CHRISTIANISSIMUS. c'est à dire que le Roy de France avoit plus de droit dans l'Empire que l'Empereur mesme. Toul le monde se devoit tenir coy et se reposer sur la parole des Ministres françois, qui preschoient partout que le Roy ne cherchoit rien par la guerre que de chastier je ne sçay quelle insolence des Ilollandois comme si la rnesme envie ne luy pouvoit venir d'humilier encor les autres à leur tour, et comme s'il avoit droit de faire le personnage de maistre d'école qui, la verge à la main, traite les autres de petits garçons Mais on a veu que son dessein alloit plus loin qu'à une simple bravade, qu'il s'asseuroit des postes du bas Rhin, en y mettant des fortes garnisons, que le crime des Hollandois estoit d'avoir empt-ché l'occu- pation entière des Pays-Bas, enfin que l'ambition du Roy estoit un peu intéressée, et visoit pour le moins nutant au profit qu'à la gloire. Quant aux depcn- dences, et aux dépendences des dépendenccs, à l'inlini, qui surpassent le principal, il faut, disent- ils, que celuy qui se laisse éhlouir par ces sortes de raisons soit bien simple qu'il n'y a rien de si dérai- sonnable que cette chambre de Justice, établie par le Roy même, qui prononce toûjours pour le Roy, et qui prétend que ceux qui ne se soûmettent point à ces arrests, sont déchous de leurs droits; que c'est la dernière insolence de vouloir faire passer ses volon- tés.pour une loy générale, de prescrire à l'Empire un terme fatal de quelques jours ou semaines, pendant lesquels' il se doit déclarer sur la cession de la hui- tième partie de l'Allemagne, et si l'Empire larde tant soit peu, on luy imputera tous les maux qui en arriveront, et le Roy s'en lave les mains. D'un costé