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30 MARS CHRISTIANISSIMUS.

la France et ne tient encore qu'à elle de donner la

paix ou la guerre à l'Europe chrestienne, les plus

zélés luy imputent tout le sang répandu dans la

Chrestienté depuis ce temps jusqu'au nostre « Il

n'y a, disent-ils, que la France qui ait porté le flam-

beau partout. Il On croit que les François ont fo-
menté les dissensions d'Angleterre, et qu'ils ne sont

pas tout à fait innocens de l'infâme parricide qui

s'en est suivi.

Les rébellions de Portugal, de Cathalogne, de Na-

ples, de Hongrie, sont leurs ouvrages, et ils ne s'en

cachent point. Quels efforts n'ont-ils pas faits pour

empêcher la paix qui se fit à Munster, entre les Es-

pagnols et les liollandois Que dirons-nous do la paix

jurée aux Pirénées, et de la renuntiation de la Reine,

qui faisoit un point essentiel de ladite paix?

Certes, s'il y a moyen de prendre ses seuretés dans

les négociations des hommes, si la foy publique des

Rois a quelque effect, si la religion et la conscience

ne sont pas des noms vuides, inventés pour tromper

les simples, cette paix devoit estre ferme et seure

mais puisque elle a esté rompue et foulée aux pieds-
à la première occasion favorable, il faut avouer (di-

sent-ils) que celuy-là est bien simple, et très-digne

d'estre trompé, qui désormais se fie à la parole de

la France c'est pourquoy les Hollandois, les Espa-

gnols, l'Empereur, et le reste des alliés, qui ont

traité à Nimwègue, sont à présent, ou seront bien-

tost punis de leur crédulité.

Car s'ils avoient crû que les François entrepren-

droient bien plus en pleine paix sur l'Empire, et sur

les Païs-Bas, qu'au milieu de la guerre, ils auroient
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