MARS CHRISTIANISSIMUS. 29 Je commenceray par ce qui se passa du temps de Louis XIII. Le Cardinal de Richelieu, pour conten- ter la conscience de ce Prince scrupuleux, fit en sorte que plusieurs docteurs françois approuvèrent les alliances qu'il entretenoit avec les hérétiques. A quoy s'opposa un auteur masqué, qui s'appeloit rllexander Patricius Armanus, qu'on tient avoir esté le fameux Jansénius, évesque d'Ipres, dans un ou- vrage intitulé Mars Gallicus. Tous les petits écri- vains françois ont échoué à cet écueil, et des per- sonnes indifférentes ont jugé que pas un n'avoit sa- tisfait à ces raisons. En effect, lorsque la France dé- clara la guerre à la Maison d'Austriche, rien ne l'obli- geoit rie venir à cette extrémité. Car les Impériaux; lors même qu'ils estoient demeurés victorieux à Nonl- lingue, ne laissoient pas d'estre assez disposés à la paix après avoir éprouvé l'incertitude du sort des armes et si la France avoit voulu estre médiatrice plustost que partie, il luy auroit esté aisé de procu- rer une paix solide et équitable, la pluspart des Prin- ces allemands n'en estoient pas fort éloignés. Mais ce n'estoit pas le dessein de la Franche elle cher- choit de pçscheren eau trouble, de renverser la Mai- son d'Austriche déjà chancellante, et de ruiner l'Alle- magne par elle-même, qu'elle voyoit faire seule obsta- cle à sa grandeur. Mais elle ne vouloit pas voir, toute catholique qu'elle prétendoit d'estre, que l'Empereur n'avoit entrepris la guerre que pour maintenir son domaine, et depuis ( l'occasion paroissant favorable ) pour obliger les protestans de rendre ce qu'ils avoient occupé, contre la disposition expresse de la Transac- tion de Passau. En tout cas, puisqu'il ne tenoit qu'à