28 MARS CHRISTIANISSIMUS. tant en cachette entr'eux, quand il est temps. Té- moin ce Ministre françois, qui, raisonnant sur la paix qui futconclue peu après aux Pyrénées, conseille hardiment au Roy de donner les mains à toutes les renuntiations qu'on pourroit exiger de l'Infante, son accordée, et de les approuver aussi authentiquement qu'on le pourroit désirer, même par serment et qu'il ne laisserait pas d'avoir tous les jours les mains li- bres quand le Roy d'Espagne vieudroit à niourir, car il n'y aura point de bon François (dit-il) qui vou- droit conseiller au Roy de négliger les avantages de sa Couronne, dont il est responsable au monde et Il la postérité. Voilà justement un trait de la jurispru- dence et de la morale telles que nous venons d'esta- blir, c'est à dire, que la grandeur du Roy et de la Couronne de France est au-dessus de tous autres droits et sermens, de quelque nature qu'ils puissent eslre. Mais puisque cela est ainsi, on auroit tort de dis- simuler une si grande vérité, qui a besoin d'estre prêchée pour estre crue. Et il est d'autant plus né- cessaire de le publier, qu'il est impossible de soûte- nir les entreprises de la France, par les raisons du Droit ordinaire, comme je viens de remarquer. Et pour le faire connoître d'avantage, je ne feray point difficulté de représenter icy une partie de ce que les ennemis de la France ont coutume de lui objecter, afin qu'on reconnoisse mieux qu'il n'y auroit pas moyen d'excuser les actions de cette Couronne, si le Roy n'avoit le privilège de faire ce que bon luy sembloit, en qualité de Vicaire temporel dans le monde.