MARIS CHRISTIANISSIMUS. 27 honore un Roy de Pologne (quoy que le plus mar- tial et intrépide de tout l'Univers), par ce titre là, ce n'est qu'une flatterie italienne, et, pour parler en bon françois, de se railler de nostre Roy, qui en effect est l'unique Vicaire du monde, et le Pape son mar- guillier. Sa charge est héroïque, les loix ordinaires ne l'obligent point, et sa grandeur est la seule me- sure de sa justice, puisque tout ce qui sert à l'aug- menter sert à la gloire et au bien de l'Église. Il ne sçauroit donc manquer que par trop de modération, et tout ce qu'il fera dans l'intention de s'aggrandir sera toujours juste. Je m'imagine que le R. P. de la Chaise, Jésuite, Confesseur ordinaire du Roy, dont le sçavoir et la prudence est reconnüe généralement, sera à peu près dans les mêmes sentimens; car estant homme de conscience, s'il n'estoit pas pourveu d'un tel remède général, pour satisfaire à tous les scru- pules, comment pourroit-il approuver bien des choses qui se font au nom du Roy? Il y en a qui se flattent de pouvoir soutenir les entreprises de la France, par des raisons tirées du droitordinaire; mais ils se trom- pent lourdement, et, quand ils s'engagent dans la contestation, on les voit bientost réduits aux abois. D'où vient, comme j'ay monstre cy-dessus, que les plus sages entre les François évitent toutes les dis- putes de droit, et ne parlent qu'en politiques, exagé- rant avec grande raison le bonheur et la prudence de leur monarque, qui sçait si bien faire valoir ses avantages. Car plusieurs ne sçavent point, et d'autres ne veu- lent point dire ce qu'ils sçavent du droit absolu que le Ciel a donné à leur Roy. Ils s'en servent pour-