21 MARS CHRISTIANISSIhIUS. c'est qu'il s'opiniastre trop à vouloir maintenir les droits de l'Empire, ne voulant pas recognoistre une puissance supérieure à la sienne, q ,e le Roy T. C. a receue de la Providence immédiatement, comme nous venons de prouver. Il y a quelques autres Gallo- Greqs d'Allemagne, qui imitent Judas, en prenant les 30 deniers, parce qu'ils espèrent que l'Allemagne ne laissera pas de se sauver par la miséricorde céleste que l'argent cependant demeurera à eux, et qu'ils auront lieu un jour de se mocquer de la crédulité des François. Mais bien rira qui rira le dernier. Prenez garde, mes amis, et songez qu'on ne se mocque pas impunément des Dieux, ny du Roy, que le ciel a envoyé pour vous chastier. ll n'y a pas long- temps, que je me trouvay avec quelques amis dans une assemblée, où quelque vieillard, tout ardent de zèle, déclamoit terriblement contre les Allemands, Gallo-Greqs, qu'il appelloit la peste de la patrie, la poison des âmes bien nées, et la honte du genre hu- main, que les François mesmes caressent à présent, les tenant pour les derniers des hommes. Enfin il s'en falloit peu, qu'il ne les donnât tous au Diable. Quel- ques-uns de nostre ordre, qui s'y trouvoient avec moy, et qui avoient la conscience un peu tendre, furent si touchés des paroles du bon homme, qu'ils trembloient au moindre bruit, craignant que quelque Diable ne les vint prendre par derrière. lloy, qui suis un peu plus ferme, je fis dans cette rencontre ce qui nous est commandé, c'est à dire, confirmavi fra- tres meos, en leur reprochant leur peu de courage, et en leur monstrant combien°il importe d'avoir la conscience, non pas douteuse, ny scrupuleuse, mais