MARS CHRISTIANISSIMUS. 23 sieur le Baron d'Edelstein aux Pays-Bas. Qu'est-ce que la liberté germanique, sinon une licence de gre- nouilles, qui criaillent et sautent ça et là, auxquelles il faut une cigogne, puisque cette pièce de bois flot- tant, qui faisoit tant de bruit en tombant, ne leur est plus formidable ? Nous devons donc nous sçavoir bon gré que nous travaillons à détruire une telle liberté. Je sçay que la plus part de mes confrères ne parlent pas si libre- ment, craignant plustost le nom de traîtres que l'effect et cherchant à colorer leur procédé par quelques pré- textes tirés. des traités de paix de Westphalie et de Nimwègue, de la Capitulation de l'Empereur, de la Bulle d'Or, de l'ordre des exécutions circulaires, do la paix religieuse et profane et des autres loix de l'Empire se fondant sur la liberté de la paix, de la guerre et des alliances, et sur le droit naturel de la défense propre, et accusant mesme l'Empereur et l'Empire d'avoir mal traité, trompé, et abandonné quelques princes à qui ces Messieurs appartien- nent. Mais moy, qui parle le plus sincèrement, et qui ay des raisons plus valables que tout cela, je ne veux pas les imiter. Car je sçay que ces prétextes n'ont rien de solide, que l'Empereur a eu les meilleures intentions du monde pour la cause commune des alliés, et qu'il n'a fait la paix de Nimwègue qu'après avoir été quitté des Espagnols et Hollandois, et quand il a veu que la plus part des autres alliés s'empres- soient à qui feroit mieux et plustost ses affaires. Je ne trouve donc qu'une chose à blâmer dans l'Empe- reur, que d'autres peut-estre ne blâmeroient pas,