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22 MARS CHRISTIANISSIMUS.

Telle est ta fortune de la France, qui luy fait trou-

ver des puissantes factions à sa faveur parmy ses

propres ennemis, comme est celle du clergé en Al-

lemagne et celle du sexe en Italie. Et qui oseroit

résister doresenavant aux prestres et aux femmes

conspirans tous à, la fois ? Il me semble qu'il -ne

seroit pas mal à propos icy, en faisant l'apologie du

Roy, de faire aussi en passant celle des Allemans

Gallo-Greqs, mes confrères, qui s'accommodent fort

bien des Louis de France. Le vulgaire ignorant nous

appelle traîtres, disant que nous vendons la patrie,

et travaillons à la mettre sous le joug d'un estran-

ger. Mais je croy que la plus part de ceux qui nous

le reprochent, souhaiteroient fort d'estre capables du

même crime. Ils ne crient donc que par envie, puis-

qu'ils n'ont pas l'adresse ou le bonheur de faire ve-

nir l'eau au moulin. J'en excepte quelques simples

qui en feroient peut-estre scrupule; mais leur nom-

bre n'estant pas fort considérable, il faut se moquer

de leur sottise. Cependant nous n'avons pas tout le

tort qu'on pense. Les politiques les plus habiles con-

viennent tous que la République d'Allemagne est si

monstrueuse et si corrompue, qu'il luy faut un maî-

tre absolu, pour y rétablir un bon gouvernement. Les

tesmoins en sont dans leurs écrits, les plus beaux es-

prits de notre tems Lundorpius, Conringius, Piaze-

cius, Rhinpingius, Oldendorpius, Tgletius à Lctpitle,

Monzabanus, Ciltosario et d'autres, estant les trois

derniers de Suisse, de leurs veritables noms, à sça-

voir d Lapide, qui a esté de Mons, le comte d'Oxen-

stern Moaazanabanus, qui est- Monsieur Puffendorf,

secrétaire de la cour de Suède; et Cittosario, Mon-
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