MARS CHRISTIANISSIMUS. 19 l'Europe, sans qu'il y ait plus de puissance sur pied, qui luy puisse contester son pouvoir. Et jè ne doute point que nous ne voyions bientost arriver ce temps heureux. Le petit clergé catholique d'Allemagne, mal traité par les protestans, et abandonné de la Maison d'Austriche, chante déjà l'Osanna, en voyant avan- cer son libérateur. Il est vray que Messieurs les Évêques, estant princes de l'Empire, balancent encor un peu, et craignent fort qu'on n'introduise chez eux les libertés mal nommées de l'Église galli- cane, qui peuvent estre des libertés envers le Pape, mais qui sont véritablement un esclavage à l'égard du lloy néantmoins les mieux intentionnés, qui ne préféreront point quelques droits temporels de leurs Églises au bien publicq de l'Église catholique, y doi- vent concourir avec le lloy, à l'exemple de ces deux bons évesques de Strasbourg, dont le zèle catholique a esté si grand, qu'ils n'ont pas fait difficulté d'y sacrifier la souveraineté temporelle attachée à leur Eglise; car la charité, qui veut qu'on prenne tout en bonne part, nous défend de les soubçonner d'a- voir eu d'autres veües. Les autres évêques d'Alle- magne peuvent suivre leur exemple, d'autant plus aisément qu'ils ont sujet de croire que rien ne sera innové de leur vivant, et qu'ils pourront ce- pendant enrichir leurs neveux avec la meilleure conscience du monde, puisqu'il est non-seulement licite, mais commandé de pourvoir les siens, car ceux qui en négligent l'occasion sont pires que des payens.. Quant aux moines allemands, c'est une autre af- faire car, voulant estrc sincère, et ne voulant trom-