18 MARS CHRISTIANISSIMUS. doutent encor de la sincérité et des bonnes intentions du Roy, voyans qu'il prend à tâche de tourmenter la Maison d'Austriche, qui est très-catholique, ils doivent considérer que les Austrichiens sont devenus fauteurs des hérétiques, depuis qu'ils croyent de se pouvoir maintenir par leur assistance de sorte qu'il faut commencer par la ruine de cette Maison, pour renverser les fondemens de l'hérésie que Charles V a jettés par sa complaisance politique. On me dira que le Roy a donné de l'assistance au comte de Tec- keli et aux autres rebelles d'Hongrie, bien que pro- testans, quoy qu'il vît bien que la Chrestienté en pastiroit, et que les Turcs en tireroient du profit. On adjoûtera que Louis XIII n'en a pas moins fait pour les hérétiques d'Allemagne, qui ne se sont mainte- nus que par son assistance. Mais je responds qu'un petit dommage passager, que l'Église chrétienne et catholique en souffre, ne doit pas estre mis en ligne de compte, quand il en résulte un bien incompara- blement plus grand et plus durable. Car la maison d'Austriche, estant humiliée par ces artifices, et le Roy devenant arbitre des affaires de la Chrestienté, il luy sera aisé d'asseurer l'Église pour jamais, et de destruire les hérétiques et les Turcs tout d'un coup et tout à la fois. Il a déjà fait voir des essais de sa force et de sa bonne volonté à Gigeri et en Candie; car, pour les Algériens, il n'a jamais eu intention de ruiner cette petite canaille Tempus caiina-veaaiet quo devorabit selus ipsius et hos et omnes Mammamuschos. Sans parler de ce qu'il a fait ailleurs, et il fera d'a- vantage sans doute, quand il sera en estat de don- ner des loix à l'Allemagne, à l'Italie et au reste de