MARS CHRISTIANISSIMUS. 17 111. 2 contre la foy donnée, et contre l'honneur du Hoy, avec tant de précipitation qu'on ne donna pas seu- lement le tems aux plus intéressés de mettre leur vie et leurs biens en seureté, les laissant à la mercy des Espagnols, qui en firent des exemples de leur sévé- ritcz. J'avoüe qu'il n'y a rien de plus vray, et que ce procédé pourroit décourager les mieux intention- nés mais il le faut attribuer, non pas au Hoy, mais au malheur de ces tems-là, qui sont bien changés à présent, et il faut considérer que toute grande secte doit avoir ses martyrs au commencement. Surtout les Catholiques d'Allemagne doivent reconnoistre le libérateur, puisqu'il est constant que les armes de France sont destinées à l'accroissement de la Reli- gion. Tout le monde sçait que le Roy n'a fait la guerre aux Hollandois que pour aider les évesques de Co- logne et de Munster à poursuivre les droits de leurs Eglises. Que si depuis les François ont un peu mal- traité les diocèses de Cologne et de Liège, il faut croire que cela s'est fait ou malgré le Roy, ou avec consentement de l'Electeur, ou au moins par,raison de guerre et pour le bien public. Ne sçait-on pas avec quelle chaleur les ambassadeurs de France se sont empressés à Nimwègue, pour obtenir l'exer- cice libre de la religion catholique dans les Provin. ces-Unies, et combien de fois ils ont esté prests à rompre les traités pour cela seul ? Et le succès a ré- pondu à leurs travaux c'est-à-dire, ils n'y ont ja- mais songé, parce qu'ils scavoient qu'il faut cher- cher premièrement le royaume du ciel, et puis estre asseuré que le reste suivra. Que si quelques-uns