16 MARIS CHRISTIANISSIMUS. que les Hollandois eussent aidé les Espagnols à re- prendre les places perdües; que les Princes d'Italie, allarmés de l'acquest de Casai, eussent pris des ré- solutions vigoureuses pour pourvoir à leur liberté. Et cependant rien n'est arrivé de toutes ces choses, ce qu'on ne sçauroit attribuer qu'à un miracle de la main supérieure, qui a lié les bras des uns, et fermé les yeux des autres, comme il se fit lorsqu'à la prière du prophète l'armée des Syriens fut frappée d'aveu- glement. Je croy donc maintenant avoir prouvé assez, tant par des prophéties que par des miracles, la vocation ou mission extraordinaire du Roy, pour la réforma- tion des affaires temporelles des Chrestiens, bien mieux établie, sans doute, que la mission des pre- miers réformateurs prétendus, qui se sont soulevés contre la foy catholique. D'où il s'ensuit que tous les Rois et Princes sont obligés en conscience d'avoir une entière déférence pour luy, de le reconnoistre pour arbitre de leurs différens, et de luy laisser la direction des affaires générales de la Chrestienté, et que ceux qui s'y op- posent résistent à la volonté du destin inévitable. Que s'ils s'opiniâtrent témérairement, et s'ils mé- prisent la correction fraternelle dont le lioy use envers eux, leurs sujets seront absous de leur ser- ment de fidélité, ipso jure, et auront droit de se ran- ger d'eux-mêmes sous l'obéissance du Roy. 11 y en aura, peut-estre, qui craindront le renouvellement de l'exemple funeste des Messinois, dont la ville s'estoit mise sous la protection du Roy avec grande affection, qu'on abandonna par après à l'impourvue,