14 MARS GHRISTIANISSIMUS. qui espéroient de se défendre contre Nabuchodonosor, et s'appuyoient sur le baston rompu d'Ægypte, sem- blables aux Princes qui fondent aujourd'huy leurs espérances sur la maison d'Austriche. Mais voicy un tel Jérémie, qui vient de paroistre, afin que les Allemands soyent inexcusables. C'est un certain curé de village en Allemagne qui s'est érigé depuis peu en prophète, et qui prouve invinci- blement par l'Apocalypse que tous les ennemis du Roy périront. L'événement confirme ses prédictions car les Italiens, jaloux de la gloire du Roy, pâtissent par les ardeurs du soleil, et par la sécheresse; les Ilollandois, envieux de son bonheur, sont punis par des inondations qui leur font craindre à tous mo- mens une dernière désolation. L'ingrate Suède a souffert une froideure horrible. La Maison d'Austriche est travaillée des rébellions de ses sujets, et les Al- 1emands voyent d'un costé la fureur ottomane dé- cliaisnée contre eux, de l'autre costé ils sont mena- cés du Danemark, dont ils n'ont rien éprouvé depuis la sortie des enfans ensorcelés de Ham. Ce qui les doit faire songer à eux, pour prévenir le chastiment, par une prompte pénitence, en se jettant entre les bras du Hoy. Toutes les règles de la politique ces- sent à l'égard de ce grand prince, et quoy qu'il sem- ble qu'il fait bien des choses contre l'ordre de la prudence, on le voit néantmoins réussir, parce que le bon Esprit est avec luy, et la sagesse de ce monde est une folie au ciel. Les peuples font du bruit, et délibèrent avec empressement contre le Roy et son Oint; ce n'est donc pas merveille que la puissance céleste, se levant contre eux, les dissipe dans sa co-