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MARS CHRlSTIANISSIMUS. 13

hub. Quelle marque plus claire de la volonté des

Dieux peut-on prétendre que celle que nous voyons

icy tous les jours, sçavoir, une assistance perpétuelle

du Ciel, qui est si grande qu'il semble que les hom-

mes et les tems conspirent à augmenter le bonheur

et la gloire du Roy? Car ce qu'on appelle la Fortune

n'est autre chose qu'un arrest de la Providence, et

c'est contra stimulum calcitrare, que de s'y opposer.

Ne voyons-nous pas que l'empereur Léopold est doué

de très-grandes verlus que fout le monde admire

son zèle et sa piété très-ardente, qu'il n'y a point de

Prince plus assidu à faire sa charge, ny qui écoute

plus volontiers, ou qui examine plus attentivement

les placets et les mémoires qui paroissent d'estre tant

soit peu d'importance? On le voit toujours en action,

tantost au conseil, tantost dans son cabinet occupé

à faire des dépêches enfin on peut dire qu'il n'y a

point de ministre qui travaille plus que luy néan-

moins tout luy va à rebours. Et cependant le Roy

T. C., qui fait son occupation de ses divertissemens,

qui ne s'occupé aux affaires qu'en se divertissant,

et dont toute l'estude ne va qu'à faire juger qu'il est

fort martial, ne laisse pas de réussir en tout ce qu'il

entreprend. Quelle autre conséquence en devons-nous

tirer, sinon que le ciel a destiné ce Roy à de grandes

choses? car les amis du ciel en reçoivent du bien

en dormant; les autres ne peuvent rien attraper,

quoy qu'ils courent, et quoy qu'ils veillent la nuit ou

se lèvent de grand matin. Il nous manquoit encor

un Jérémias, qui déclarât à toutes les puissances de

la terre que ceux qui s'opposent au Roy s'opposent

en même temps à la céleste volonté, comme ceux
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