12 MARS CHRISTIANISSIMUS. Il y a une prophétie de Rege quondam illustris se- naililü, chez Pareus, dans son Commentaire sur l'A- pocalypse, qui confirme la mesme chose. de sçay que Grotius, dans son ouvrage de Jure belli et pacis, ne trouve pas bon qu'on allègue des prophéties pour fonder quelque droit là-dessus. Mais la jurisprudence de Grotius est bien éloignée de celle que nous esta- blissons icy, outre qu'il ne parle que des prophéties dont l'explication est incertaine, au lieu que la nostre est incontestable. Et puisque le Pape, pour faire valoir son droit de l'Eglise, le prouve par les pro- phètes, pourquoy le Roy T. C., qui est indubitable- ment le vray vicaire sur la terre, ne le feroil-il point et avec plus de raison, n'estant plus autre Roy au monde qui doit faire charnellement ce que tous les Papes ont fait ecelésiastiquement, et qui doit esta- blir en terre le royaume du Nouveau Testament, heu- reux selon la chair, que les hérétiques millénaires attendoient mal à propos et par fausses idées? La Providence même confirme tous les jours par des prodiges le droit que nous attribuons au Roy T. C. N'est-ce pas un assez grand miracle qu'un Prince qui a tant de guerres sur les bras ne manque pas d'argent? Quelques ridicules s'imaginent qu'il possède cette bénite pierre, qui peut seule enrichir tous les Roys de la terre; d'autres, voyant que tout réussit au Roy, et qu'il est informé de tout ce qui se passe chez ses ennemis, luy assignent un esprit familier, ce qui n'est pas ridicule, mais impie, d'attribuer au Diable ce qu'une inspiration céleste opère. En quoy ces gens ressemblent aux Juifs, qui disoient qu'on sçavoit faire des miracles par l'entremise de Beelze-