8 MARS CHRISTIANISSIMUS. Rhin avoit fait plus de mal que de bien à la France, qu'on ne devoit plus se mettre en peine des princes d'Allemagne, qu'il n'y avoit point d'argent plus mal employé que celuy qu'on leur donnoit, que l'Empire estoit un nom sans effect, qu'on le pouvoit vexer impunément et qu'on ne manqueroit pas néanmoins d'approbateurs dans l'Allemagne mesme. Ces conseils ayant assez réussi, Monsieur de Pomponne s'est re- commandé auprès du Roy par une autre nouvelle doctrine de son invention, c'est, disoit-il que l'épou- vantail de la paix de Westphalie avoit déjà trop long- temps mis des bornes au progrès du Roy; qu'il y avoit maintenant une nouvelle paix de sa fabrique, qu'on pourroit alléguer aussi plausibloment et plus utilement que celle de Munster, à laquelle les Alle- mands auroient tort de vouloir recourir désormais, puis qu'ils l'avoient violée; que celle de Nimwègue estant une pure grâce du Roy, il n'appartiendroit qu'à luy d'expliquer son bienfait. Maintenant, si la France a obligation à Monsieur de Louvois de luy avoir fait connoistre la foiblesse des princes alle- mands, si Monsieur de Croissi a tiré le Roy de l'em- barras de la paix de Munster, je croy que je ne méri- terai pas moins que ces Messieurs là, en délivrant le Conseil du Roy de tous les scrupules de conscience qui peuvent rester à quelques-uns à l'égard des gens, et des canons de l'Eglise. Je monstreray donc que ces choses obligent bien les hommes ordinaires, mais qu'il y a une certaine loy supérieure à toutes les autres, conforme néantmoins à la souveraine justice, qui dispense le Roy de ces observations. Car il faut bien remarquer. que le juste n'a point de loy, et