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MARS CHRISTIANISSINUS. 7

thèses en droit par l'on peut juger que les Fran-

cois commencent à se défaire de cette honte mal-
séante ou pudeur rustique qu'ils avoient autresfois et
qu'ils agissent avec une liberté digne des personnes

bien nées. Ce que les Ministres français, qui se trou-

vent par cy par là, ne dissimulent plus. Car les Am-

bassadeurs, qui estoient à Francfort, se voyant impor-

tunés de ceux qui demandoient pourquoy la France

n'avoit jamais auparavant demandé Strasbourg ny

quantité d'autres lieux occupés présentement et

pourquoy elle n'avoit pas fait quelque mention de

sa prétention lorsque les occasions le requéroient,

comme au traité de Munster, au traité de l'exécution

de Nuremberg, ou au moins à Nimwègue, ces Mes-

sieurs ne rougirent point en respondant qu'alors les

affaires n'avoient pas encor esté dans un estat pro-
pre à en parler. Il sera peut estre bon mesme de
considérer par quels degrés on est allé, avant que de

parvenir à cette grandeur d'âme qui fait à présent
qu'on découvre sincèrement les desseins qu'on cachoit

autrefois.

Le Roy, n'ayant plus de précepteur après la mort

du cardinal Mazarin, ne laissoit pas de se gouverner
quelque temps par ses maximes et par ses conseils,

comme s'il eust encor esté vivant, d'autant que Mon-

sieur de Lionne, qui estoit sorti de cette escole, sui-

voit les mesmes principes. On traitoit alors les princes

de l'Allemagne avec assez de civilité, on gardoit les

apparences du droit commun, et on faisoit parade de

la conservation de la paix de Westphalie ot de la
liberté germanique. Mais Lionne estant mort, Mon-

sieur de Louvois remonstra au Roy que l'alliance du
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