6 MARS CHRISTIANISSIMUS. gens sur la parole du Roy qu'on n'avoit pas de tels desseins. C'est qu'on ne croyoit pas alors qu'il fût temps de se découvrir là-dessus. Si ce n'est qu'on veuille dire, pour excuser la France, que ce n'est que depuis qu'on a commencé d'avoir de telles veües, et que ces médisans eux- mêmes en sont cause, le Roy ayant jugé qu'il seroit également exposé à la malignité de leur censure, soit qu'il le fist ou qu'il ne le fist point, do sorte que ces Messieurs pouriroient avoir avancé ce qu'ils crai- gnoient, comme ces astrologues dont les prédictions ont eslé causes des maux qu'ils prédisoient. Quoy qu'il en soit, il est toujours visible qu'on ne croit plus en France d'avoir sujet d'estre si scrupuleux. Voicy un autre exemple. Feu l'Electeur Palatin en- voya une personne au Roy pour demander la restitu- lion de quelques lieux dont les officiers de Sa Majesté s'estoient saisis. Cet envoyé, ayant eu audience du Hoy, insista fort sur la justice et sur la bonne foy des traitez; Sa Majesté lui répondit avec beaucoup de modération qu'Elle ne prétendoit rien que ce qui luy appartenoit en conscience, et qu'Elle avoit commis certaines personnes, pour examiner les matières à fond et pour conférer avec les intéressez. Cette res- ponse estoit conforme au tems, car depuis les affaires ont changé de face et on s'est moqué de ceux qui s'imaginoient que les raisons du droit commun au- toieut quelque force auprès des assesseurs des cham- bres de Mez et de Brisac, et on a tourné en ridicule ceux qui avoient la simplicité de s'imaginer que les ambassadeurs de France, qui estoient à Francfort, leur donneroient lieu de disputer et de soutenir des