n INTRODUCTION, fique des protestants avec les catholiques. La première est la voie de l'exposition, qui consiste en éclaircissements des difficultés proposées sans per- mettre jamais de remettre les principes ou le dogme en question (1), méthode excellente, nous dit Leib- nitz, pour faire disparaître les malentendus, et dont Bossuet et Molanus avaient donné de beaux essais sur la justification et le sacrifice: mais aussi méthode insuffisante, qui s'applique plutôt aux controverses verbales qu'aux difficultés réelles. La seconde voie est celle de la déférence ou de la condescendance lorsqu'un parti cède à l'autre sur certains points. Par cette voie on peut obtenir et on avait obtenu, en effet, d'importantes concessions, non sur le dogme, mais sur la pratique, et des promesses salutaires pour la réforme des abus si constamment réclamée dans l'Église et hors de l'Église. Ne parlons ici que pour mémoire de la voie de l'accommodement ou de tran- saction, qui a presque toutes les avenues fermées, dit Leibniz, et arrivons à la troisième qui est celle de l'abstraction ou suspension, qui écarte provisoire- ment, et jusqu'à plus ample informé, certaines ques- tions controversées, comme celles de la supériorité du pape à l'égard des conciles et de la conception immaculée de la Sainte-Vierge, que l'Église n'avait point encore décidées. Dans l'opinion des protestants, cette voie, qui laisse ces questions en suspens jusqu'à (1) Bossuet, p. 75, 35 « Id autem erit commodissimum quod vix ulle nova decreta condi, sed per expositoriam et declaratortam viam aptes et consentaneas interpretationes afferri oporteat, ut confessionis Augustanӕ defensores ad se ultra rediisse et sua constituta hausisse videantnr. »