LXIV INTRODUCTION.
Or il existe en double à Home dans les archives
du Vatican, et à Hanovre dans la Bibliothèque royale,
un écrit qui répond trait pour trait au signalement
qui en est donné par l'abbé Ledieu (1). Ce sont
bien là les deux belles copies qu'il fit faire à l'évêché,
et -pour lesquelles il dédaigna les copistes du cabi-
net du ministre des affaires étrangères. C'est bien
cette fameuse Conciliation d'Allemagne qu'il porta
lui-même au nonce et qu'il destinait à l'instruction
du pape et des cardinaux. Le grand et mystérieux per-
sonnage qui avait si heureusement ranimé le zèle de
M. de Meaux, et qu'il voulait, je ne dis pas conver-
(1) « Le nouvel escrit estant fini et mis entre mes mains au mois de no-
vembre 1701, jel'ay comparé avec le premier que M. de Meaux fit en res-
ponse à celuy de M. Molanus, et j'ay trouvé que ce dernier escrit est l'abrégé
du premier. L'autheur y suit le mesme dessein, les mesmes principes,et il y
prend les mesmes moyens de réunion, qui est la conciliation sur tous les
points mais il fait avec plus de précision, plus de netteté,
en escartant davantage ce qui n'a pas de difficulté, et d'une manière bien
plus décisive. Ainsi ce dernier escrit contient toute la force du premier,
avec cet avantage qu'il est de moitié pins court, et, néanmoins, il ren-
ferme tous les passages des saincts Pères du concile de Trente et des con-
fessions de foy des protestans qui sont rapportés dans le premier. Mais
l'authorité du pape est icy fraictée plus au long et suivant les principes ap-
pliqués dans l'Exposition de M. de Meaux. M. de Meaux a ajouté que ce
qu'il avoit envoyé en dernier lieu à Hanovre à M. de Leibniz, ou plustost il
Wolfenbuttel, sur la canonicité des livres saincts, pour estre communiqué
à M. le prince héritier de cette principauté, comme il est dit expressé-
ment dans la lettre de M. de Leibniz et dans cette response que M. de
Meaux luy a faicte; M. de Meaux, dis-je, m'a ajouté que cet escrit seroit
très-utile et très-efficace pour ramener ces protestans; ce qui me fait en-
core croire davantage que c'est ce prince héritier de wolfenbuttel qui né-
gocie sa réconciliation à Rome. Le temps nous en esclaircira, et je mar-
queray avec soin tout ce que je verray là-dessus. » Enfin « le samedi,
10 décembre 1701, il a porté à M. le nonce, à Paris, la seconde belle copie
qu'il avoit de sa Conciliation d'Allemagne, pour estre par luy envoyée
au pape. Il a cru ainsi plus, sur, Farce que la copie est bonne, au lieu
qu'il avoit à craindre que des copies faictes chez M le marquis de Torcy
ne fussent pleines de fautes dans un ouvrage si important. »