INTRODUCTION. LXI abbé Guidi pour calmer ses craintes. Enfin une let- tre autographe de l'empereur Léopold à l'électeur Georges-Louis (1), et un voyage de Leibniz à Vienne, qui en fut la suite, levaient tous les doutes. Le comte de Buchaim avait été à Hanovre en 1698, pour lier de nouvelles conférences avec l'abbé de Lockum; et c'était pour les renouer que l'empereur avait écrit à l'électeur. Le choix de Leibniz était significatif; il passa trois mois à Vienne, au faubourg de Rossau, chez le médecin Garelli. De fréquentes visites aux archives de l'évêché de Neustadt, où il découvrit dans les papiers de Spinola des manuscrits importants par leurs variantes, et d'où emporta l'amitié de l'of- ficial de l'évêque, Vlostorf, avec un grand nombre de copies de pièces curieuses, de fréquents entretiens à Vienne avec le comte de Buchaim et les théologiens les plus estimés du pays, une conférence enfin avec le nonce du pape, le cardinal Doria, dont nous avons rc- trouvé l'abrégé écrit de sa main, voilà quelle fut pour la Réunion l'aurore du nouveau siècle qui de- vait plus tard lui être si fatal. Leibniz, après ce long séjour, en partit avec des espérances, mais non sans inquiétudes sur l'horizon politique « J'espère, écrit- il à Vlostorf, que l'affaire ira bien et que les événe- ments heureux ou malheureux qui sont arrivés ne seront pas un obstacle. a Il voulait parler de la suc- cession au trône d'Angleterre, événement heureux et même inespéré pour la maison de Hanovre, malheu- (1) Lettre de l'empereur, du 17 mai 1700. Leibniz arriva à Vienne, ver, la fin de septembre, en quittant les bains de Teplitz.