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LVIII INTRODUCTION.

l'incident n'eut pas d'autres suites. Si Bossuet s'était
senti atteint par les reproches de Leibniz, s'il avait
seulement ambitionné ce poste de confiance auquel
l'avait appelé la sagesse de son roi, il se serait défendu,
ou bien il aurait à son tour formé quelque secrète
intrigue pour supprimer Leibniz; mais Bossuet n'est
pas diplomate, il va droit son chemin, comme il le
lui dit, sans aucune veue ni à droite ni gauche, et
cette manière si nette et si ferme est aux finesses de
Leibniz ce qu'était la politique de Louis XIV à celle
des petits princes d'Allemagne. Sa lettre vint dissi-
per tous les nuages si péniblement amassés par Leib-
niz. Quant à celui-ci, il racheta son excès de fran-
chise par un excès de réserve. La lettre de Bossuet lui
fut rendue par le chargé d'affaires, M. du Héron. Pris
au piège que lui-même avait tendu, il y répondit
avec sa finesse habituelle il ne s'explique pas sur le
sujet si délicat de sa lettre au duc et de son appel aux
gallicans il pose cet axiome trop général que le
genre humain est dans les mains de quelques hom-
mes humanum paucis vivit genus et il réduit tout à
la volonté de trois personnes Louis XIV, l'Empe-
reur et le Pape, manière commode de mettre sa res-
ponsabilité à couvert. On trouve le développement de
la même pensée vers la fin d'un dialogue de haute po-
litique et de haute morale (1). Quant à sa lettre, elle
peut se résumer ainsi éloge de Louis XIV en prose,
après son panégyrique en vers bonheur de Leibniz
(1) voir le Dialogue entre nn habile politique et. un ecclésiastique d'um

piété reconnue, à l'Appendice, p. 1
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