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Lvi INTRODUCTION.

ses arrêts les protestants réfractaires, aurait mieux
fait de les attirer à l'Église par une plus grande
douceur. Mais s'imagine-t-on des magistrats, même
gallicans, transformés en concile par la grâce d'un
philosophe,et cela pour supprimer le plus gallican des
évêques de France et pour contre-balancerla majesté
d'un concile œcuménique ? Évidemment Leibniz se
trompait de pays et de temps. Ces évêques nourris-
sons de Rome, qui fabriquèrent dans un coin des
Alpes des décrets sur le dogme, avaient du moins cet
avantage sur les conseillers en simarre du parlement,
d'y être autorisés. En admettant même, comme l'ont
répété depuis de trop fidèles disciples, que le gal-
licanisme fût alors le seul refuge de la France contre
le protestantisme, et que « les quatre articles fussent,
comme le voulait le célèbre docteur anglican Les-
ley, un puissant moyen de rapprocher les deux
communions » il faut reconnaître que la réunion
par le gallicanisme, ce nouveau mode original pro-
posé par Leibniz, n'avait que bien peu de chances
en France, treize ans après la révocation de l'édit
de Nantes et un an après la promulgation du qua-
trième article de la paix de Ryswyk. En admettant
que l'expédient fût bon vers 1682, il venait trop
tard en 1698, Louis XIV était entré sous l'habile et
persévérante influence de madame de Maintenon,
dans une voie bien différente de celle que lui tra-
çait Leibniz, et son confesseur se fût mal accommodé
de ces maximes d'indépendance. Il est vrai que le
même auteur, d'après une hypothèse ingénieuse, déjà
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