Home Plain text
Text mode Audio mode
page LII (screen 57 of 715)
Next page Previous page  
  Last page First page


III INTRODUCTION.

gallicans.

l'avenir, et il y a cela de très-remarquable dans ce
document, qu'il contenait un appel très-net et très-
direct aux gallicans et un éloge de la France au point
de vue du gallicanisme, dont Harlay, Pithou et de
Tbou sont à ses yeux les illustres représentants. La
France lui paraît surtout propre à tenir le milieu
entre les protestants et ce qu'il appelle les excès des
Romanistes; et persuadé, comme il l’est, que les ecclé-
siastiques, sans en excepter M. de Meaux, ont tou-
jours fatalement penché de ce dernier côté, il veut,
s'il est possible, leur enlever l'affaire, ou du moins
leur faire adjoindre des magistrats capables et ins-
truits de cette école. C'est son projet pour évincer,
ou du moins pour supprimer moralement Bossuet.
D'une part, Antoine-Ulrich, appuyé sur les univer-
sités et les facultés de théologie protestantes, de l'autre,
Louis XIV toujours secondé par Bossuet, mais flan-
qué de ces assesseurs nouveaux, les magistrats galli-
cans, puis Leibniz, entre deux, se flattant de mener
les uns et les autres vers le but désiré telle était
cette conception singulière, originale, et qui prouve
au moins ceci: c'est que Leibniz n'avait pas assez
contre Bossuet des universités d'Allemagne, il lui
fallait encore ranimer le vieil esprit des parlements.
Un tel projet, qui, s'il fût resté en portefeuille, au-
rait déjà de l'intérêt, a cela de piquant qu'il a été
envoyé en France.

Le marquis de Torcy l'a reçu, il l'a communiqué
à M. de Meaux. Il faut donc le juger et dire ici toute
notre pensée. Les parlements ont, en effet, joué un
Text mode Audio mode
page LII (screen 57 of 715)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text