INTRODUCTION, 1.1 L'attaque était hardie, elle fut assez habilement conduite Leibniz s'était assuré d'un prince allié de Louis XIV, le duc Antoine-Ulrich dont il avait la confiance et même la signature il avait recher- ché et obtenu l'amitié du ministre résident de France à Brunswick, M. du Héron, par lequel il communiquait avec Torcy, ministre des affaires étrangères du roi de France. Aussi je ne m'étonne pas du nombre de pièces, de minutes et de projets que nous retrouvons à Hanovre pour éclairer la négo- ciation, et qui nous servent à en refaire l'histoire. Dans une première lettre au duc Antoine-Ulrich, Leibniz indiquait la marche à suivre et le grand parti qu'on pouvait tirer de ce qui avait été fait à Helm- stadt « en le ménageant et en le gardant, comme il le dit, pour la bonne bouche, après que messieurs les Romanistes auront faict aussi quelques démarches considérables. » La seconde pièce est un projet de lettre d'Antoine-Ulrich à Louis XIV, minuté par Leibniz. La troisième, également adressée au duc, qui est de beaucoup la plus importante et datée du 17 novembre 1698, était l'exposé de l'affaire et des causes de l'interruption. Il y en a trois, sans comp- ter la trop grande réserve ou le refus de s'expliquer, qu'il a toujours reproché à Bossuet. C'étaient la mort de Pellisson, le retour du comte Balati, subite- ment rappelé à Hanovre, et enfin la mort du prince de Condé, qui s'était toujours intéressé à cette négo- ciation. Il joint à cet exposé les moyens qui lui pa- raissaient les plus propres à en assurer le concert à