XLVI INTRODUCTION. glois acceptoient cette espèce de trêve de Dieu, ils ne brûleroient plus, chaque année, l'image du pape en grande pompe. Qu'ils renoncent aux persécutions, aux inquisitions aux coups aux violences qu'ils accordent à chacun l'exercice de sa religion en par- ticulier yrrivatitn exercitium concedant; qu'ils refrè- nent la licence de certains escrits. Je me soucie mé- diocrement des doctrines: j'ay toujours pensé que c'estoit affaire de politiques bien plus que de théolo- giens car on leur laisseroit leurs mœurs et leurs usages pour obtenir la paix et l'égalité entre les différentes communions. » Dans des lettres de la même époque adressées à Ludolfi, à Cuneaux, à Bau- val, il tient lé même langage et ne cache pas son peu d'espoir de voir la réunion projetée. Il écrit à Lu- dolfi le 26 juin 1698 « Il faut avouer que nos es- pérances d'une paix religieuse sont bien éloignées et pourtant il suffiroit de la volonté de cinq ou six hommes pour l'achever. Supposez que le pape l'empereur et le roy de France, d'une part, et quel- ques grands princes, de l'autre, voulussent la chose sérieusement, elle seroit faicte. Or les cœurs des princes sont dans la main de Dieu; mais ce bonheur n'est point réservé à nostre siècle. Le sera-t-il au siècle suivant, dont aucun de nous ne lira l'histoire ? Leibniz, on le voit, ne se faisait aucune illusion. On sent plutôt, à le lire, je ne sais quelle lassitude voi- sine du découragement, la fatigue du génie étreignant un problème insoluble, et comme un appel aux temps modernes et à des principes nouveaux-de tolérance