INTRODUCTION. XLIII ne sont que de droit humain. L'Église est une hié- rarchie, sans doute et cette hiérarchie est établie de Dieu; mais c'est une société, et cette société doit vivre et se mouvoir dans le cercle des sociétés hu- maines et des droits civils. C'est ainsi que divin' dans son principe humain dans l’application, le gouvernement de l'Église participe des deux natures et est réglé par deux droits et il serait aussi ab- surde de nier l'un que de reconnaître à l'autre une prérogative absolue. Telle est la doctrine de Leibniz et de Fabricius qui méritait mieux que l'indiffé- rence et le dédain des modernes (1). Une autre question qui s'agitait, non plus entre les catholiques et les protestants, mais entre les ré- formés et les luthériens, divisait alors les universités allemandes c'était celle de la grâce ou de l'absolu décret, de la prédestination enfin. Dieu veut-il sauver (1) il est aisé de faire l'application de ces maximes à la question contro- versée dit pouvoir temporel, dont Leibniz, d'accord avec lui-même, faisait une question de convenance mondaine régie par les maximes de la prudence civile, et non par celles du droit divin. Ce qui est divin dans le'gouverne- ment de l’Église, c'est l'institution monarchique, c'est la suprématie du chef de l'Église, mais non toutes les prérogatives qui ont été attachées successi- vement au siège de Rome ce qu'il exprimait ainsi dans une addition célè- bre à la lettre de Peina, malheureusement perdue Cum Deus ait Deus ordinis, et corpus unius Ecclesioo catholicæ et apostolicee uno regimine hie- rarchiàque universali continendum juris divini sit, consequens est ut ejus- dem sitjuris supremus in co spiritualis magistratus terminis se justis con- tinens (ILEC VERBA ADDO. L.) directoriâ potestate, omniaque ne- cessarla ad explendum munus pro salute Ecclesiæ agendi facultate instructus, tametsi locus et sedes hujus potestatis in metropoli chri- .stiani orbls Româ ex humanis considerationibus placuerit. Lettre à Fabricius. Ed. Kortholt. On peut voir un texte curieux de Leibniz sur le pouvoir temporeldans sa correspondance avec le landgrave de Hesse, cité par l'auteur dans un écrit intitulé: Le Pape et le Parti cathollgare. N. E.