INTRODUCTION. xxxv ciations pour quatre années, et c'est madame de Bri- non qui soutient seule le commerce littéraire inter- rompu par M. de Meaux. Ce long silence d'abord inexpliqué et cette abstention à peu près complète ont donné beau jeu à Leibniz qui comme on le sait, était peu favorable à M. de Meaux. Il paraît d'abord d'autant plus inexplicable que c'est au mo- ment où la mort de Spinola arrivée en 1695 le laissait, pour ainsi dire seul représentant et seul organe des catholiques qu'il disparaît entièrement de la scène. Des charges plus ou moins graves ont été élevées à ce sujet par Leibniz contre la sincérité et la charité de M. de Meaux. Il importe de juger ce procès. Nous le ferons avec des pièces entièrement neuves. Quels sont les torts de Bossuet et les causes de la rupture de 1693 ? Deux conditions avaient été mises à l'admission de Bossuet le secret et une complète ouverture. Ces conditions ont-elles été remplies par M. de Meaux, ou bien y a-t-il manqué? Leibniz put croire un moment que M. l'évêque de Meaux man- quait à la première. Brosseau lui écrivait, le 22 fé- vrier 1692 « Tout le monde veut icy que vous ayez des relations avec Pellisson et de longs entretiens par lettres au sujet de la religion aussi bien qu'avec M. de Meaux. Celuy-cy ne s'en cache pas et le dit à tant de gens que je n'en puis douter. » Bossuet ayant depuis manifesté l'intention de traduire en français l'écrit latin de l'abbé Molanus, Leibniz s'en inquiète, croyant qu'on allait livrer à l'impression ces pièces