INTRODUCTION. xxxm Il. c amie des arts, qui avait su faire de sa riche abbaye un centre de la réunion, fréquenté par Bossuet, et un lieu de délices presque mondaines où l'oratoire tenait à l'a- telier ? Quoi de plus instructif, enfin, que ces entre- tiens d'Herren-Hausen où brillaient l'esprit de la duchesse Sophie, les grâces de sa fille, Sophie-Char- lotte, future reine de Prusse, et l'aimable philoso- phie d'un Leibniz? Mais, pour continuer l'oeuvre de Spinola, et pour obtenir de sérieux résultats, il fallait plus de travail, plus de patience et plus d'efforts que pour'faire de sté- riles vœux et d'inutiles appels à la charité univer- selle. Voyez Leibniz à Hanovre, dans ce cabinet qu'il appelait sa cellule, correspondant à la fois avec Vienne et Paris fouillant les archives écrivant à lui seul plus de traités iréniques que tous les théologiens de son temps, et recommandant à l'official de l'évêque défunt Vlostorf ses papiers mis sous le scellé après la mort de Spinola. Il paraît qu'on avait voulu l'évin- cer. Madame de Brinon l'apprend à Bossuet, elle sait par les confidences de Maubuisson que l'abbé de Loccum et Leibniz veulent de bonne foi la réu- nion elle n'est point dupe toutefois de ce dernier « Il a, dit-elle, un caractère bien différent de l'autre, qu'elle connaissait d'ailleurs assez mal, et trop d'es- prit pour ne pas s'apercevoir qu'on le met plus de- hors que dedans, et qu'il tâche de s'y raccrocher. Le fait est que Leibniz se comparait alors à un simple porteur de lettres. Mais que serait devenue cette af- faire sans lui ? On ne pouvait s'en passer, et nous le