xxx INTRODUCTION. de l'Église appelle le beau coloris des grands hom- mes, le regard de l'aigle et « cette voix qu'on ne réfuta, qu'on ne contredit jamais". Nous avouons humblement que le Bossuet que nous présentons aujourd'hui a déposé les foudres de l'éloquence et qu'il est bien éloigné du lyrisme de Pindare s'il est encore éloquent, c'est malgré lui et comme par échappées. On ne lui en laissé ni le temps ni la volonté. Il a encore moins la prétention de n'être jamais réfuté ni contredit car Leibniz, qui lui refuse le droit d'être éloquent use jusqu'à la dureté, de celui de contradiction et de contrôle avec lui. Mais « cette voix, qui ne parla jamais, ni au nom de l'opi- nion, ni au nom de la philosophie ni au nom du prince », parle au nom de Dieu, et n'est pas moins digne d'être écoutée quand elle suit les lois sévères du raisonnement, que lorsqu'elle obéit aux élans du cœur. Il nous faut donc redescendre de ces hauteurs où l'imagination des hommes l'a placé, pour péné- trer dans son palais épiscopal de Meaux ou dans sa maison de campagne de Germigny. C'est là que nous retrouvons le Bossuet des controverses occupé à dicter ses substantiels écrits, ou bien à parler dans l'intimité avec l'abbé Bossuet, son neveu, et l'abbé Ledieu, son chapelain, des affaires d'Allemagne et « de ce fameux portefeuille des écrits des luthériens de Hanovre, sans lequel il ne voyageait plus de Meaux à Paris p. Bossuet n'a point varié, et nous le retrou- vons, au seuil de la vieillesse, le même qu'au sortir du séminaire de Metz. C'est toujours le Bossuet de